Conditions de l’ESTA : les remplissez-vous vraiment ?
Il y a quatre conditions, et vous devez toutes les remplir. La plupart des refus tiennent à la quatrième.
1. La nationalité d’un pays du programme d’exemption de visa
Vous devez être ressortissant — et pas seulement résident — de l’un des 42 pays du programme. Une citoyenne allemande vivant au Brésil remplit la condition. Un citoyen brésilien vivant en Allemagne non : il lui faut un visa B1/B2.
Voir la liste complète des pays.
2. Un passeport électronique
Depuis le 1er avril 2016, le passeport doit être électronique : doté d’une puce contenant vos données biométriques. On le reconnaît au petit symbole rectangulaire représentant un appareil photo sur la couverture.
Le passeport doit également être valide pendant toute la durée du séjour. Certains pays bénéficient d’un accord permettant de voyager avec un passeport expirant dans moins de six mois, mais ne comptez pas dessus sans vérifier.
3. Le bon motif de voyage
L’ESTA couvre le tourisme, les affaires et le transit. Rien d’autre.
Autorisé : vacances, visites familiales, congrès et réunions, négociation de contrats, soins médicaux, courtes formations de loisir et correspondance dans un aéroport américain.
Non autorisé : travail rémunéré pour un employeur américain, journalisme, études donnant lieu à des crédits, prestations rémunérées ou arrivée en tant que membre d’équipage. Ces situations exigent le visa correspondant, et se voir refuser l’entrée pour avoir travaillé sous ESTA est difficile à rattraper.
4. Vos antécédents de voyage et d’immigration
C’est là que la plupart des gens achoppent, et ce passage mérite une lecture attentive.
Vous êtes exclu du programme si vous vous êtes rendu à Cuba, en Iran, en Irak, en Libye, en Corée du Nord, en Somalie, au Soudan, en Syrie ou au Yémen à compter du 1er mars 2011 — ou du 12 janvier 2021 pour Cuba. Des exceptions étroites existent pour les déplacements militaires et officiels.
Vous en êtes également exclu si vous avez la double nationalité de l’Iran, de l’Irak, de la Corée du Nord, du Soudan ou de la Syrie, que vous y soyez allé ou non.
Être concerné par l’une de ces règles ne vous interdit pas les États-Unis. Cela signifie demander un visa B1/B2, où un agent consulaire peut examiner votre situation comme il se doit.
Les neuf questions d’admissibilité
La demande se termine par neuf questions portant sur les maladies contagieuses, les arrestations et condamnations, les infractions liées aux stupéfiants, les refus de visa antérieurs, les dépassements de séjour et les antécédents de voyage évoqués plus haut.
Répondez-y honnêtement. Un « oui » ne vous disqualifie pas automatiquement ; une réponse fausse constitue une fausse déclaration au gouvernement américain, bien plus grave et bien plus difficile à corriger qu’un ESTA refusé.
Si vous ne savez pas comment répondre au sujet d’une arrestation ou d’une condamnation, consultez un avocat spécialisé en droit de l’immigration. Aucun site web ne peut répondre à votre place, et nous ne nous y essayons pas.
Ce que cela ne garantit pas
Un ESTA approuvé autorise à embarquer, pas à entrer. La décision finale appartient à un agent des douanes et de la protection des frontières à l’aéroport, qui peut vous refuser l’entrée même avec une autorisation valide. En pratique, cela reste rare pour les voyageurs dont le motif déclaré correspond à leur situation.
Récapitulatif
| Condition | Oui / Non |
|---|---|
| Ressortissant d’un pays du programme | |
| Passeport biométrique, avec le symbole de la puce | |
| Passeport valide pour toute la durée du voyage | |
| Voyage pour tourisme, affaires ou transit | |
| Séjour de 90 jours ou moins | |
| Arrivée par voie aérienne ou maritime (pas terrestre) | |
| Aucun voyage dans les pays visés depuis 2011 | |
| Pas de double nationalité iranienne, irakienne, nord-coréenne, soudanaise ou syrienne |
Huit « oui » et vous remplissez les conditions. Le moindre « non » et c’est un visa B1/B2 qu’il faut viser.